Publié par : Khun Didi | 20 mars 2012

Le Triangle d’Or, destination oubliée !

Des 19 millions de touristes étrangers ayant « visité » la Thaïlande en 2011, moins de 5% auraient séjourné dans le mythique Triangle d’Or. C’est peu ! Et c’est dommage car il s’agit d’une des destinations les plus intéressantes du pays. Son centre se situe à Sop Ruak, au confluent du Mékong et de la rivière Ruak, là où le nord de la Thaïlande, le Laos et la Birmanie convergent. 200.000 km2 de montagnes et de brumes, essentiellement peuplé de minorités ethniques, le Triangle d’Or s’étendait jusqu’à Chiang Raï et a longtemps été le grand centre mondial de production et de trafic de l’opium qui s’échangeait contre de l’or, d’où son nom.

Le « Triangle d’Or », côté thaïlandais

La culture très lucrative du pavot a aujourd’hui totalement disparu en Thaïlande, presque disparu au Laos mais perdure en  Birmanie. A l’initiative et sous l’égide de l’actuel roi Bhumibol et de sa mère, la princesse Srinagarindra décédée en 1995, de vastes programmes de développement de cultures alternatives ont vu le jour et transformé la région au point d’éradiquer la production d’opium. Sop Ruak, le village des trois frontières, est sans intérêt. Statues kitsch et marchands d’objets de pacotille ne valent pas qu’on s’y attarde. Juste le temps de prendre l’incontournable photo sous la pancarte « Golden Triangle ». En revanche, il présente une singularité intéressante. Il abrite les deux seuls musées au monde consacrés à l’opium. Mais attention à ne pas se tromper. L’un n’est qu’une simple collection d’objets tandis que l’autre, le « Hall of Opium » est à ne manquer sous aucun prétexte.

C’est un musée de classe mondiale. Un voyage de 5000 ans savamment organisé nous conduit depuis l’utilisation de l’opium pour la médecine dans la Grèce antique jusqu’aux effets dévastateurs de ses dérivés modernes tels que l’héroïne. Reconstitutions historiques avec personnages d’époque et moyens audiovisuels de premier ordre retracent l’histoire de l’opium et des drogues en général sans oublier leurs conséquences les plus nuisibles. Guerres, prohibition, corruption, trafics, argent, crime, le rôle néfaste et insidieux de certaines organisations gouvernementales et des témoignages poignants de consommateurs repentis. Rien n’est éludé. Jusqu’à une surréaliste galerie des excuses !

A l’intérieur du « Hall of opium »

Une fois la visite terminée, faisons route à l’ouest vers la villa Doi Tung, ancienne résidence d’été de la reine mère d’où elle gérait les projets de développement du nord. Tout est resté en l’état comme si elle venait de quitter les lieux. L’endroit vaut le détour d’autant qu’un jardin de toute beauté est proche de la villa. Baptisé Mae Fah Luang, littéralement « la reine mère venue du ciel », car en l’absence de routes la princesse s’y rendait à l’époque en hélicoptère, il regorge d’essences très diverses à une altitude de 1500 mètres. Tout près se trouve le temple aux deux chedi, lieu de pèlerinage très prisé des thaïlandais.

Dans les jardins de Mae Fah Luang

En reprenant la route vers le sud en direction de Chiang Raï, on tourne à droite dans le village de Pasang pour se rendre à Doi Mae Salong, l’autre endroit incontournable du Triangle d’Or. C’est cette route qu’il faut emprunter et aucune autre. Entre les cerisiers magnifiques lorsqu’ils sont en fleur en décembre-janvier, c’est une succession de paysages et de points de vue à couper le souffle. Les pentes étant parfois très raides, il convient de s’y déplacer avec un véhicule de bonne puissance.  Doi Mae Salong, dont le nom officiel est en fait Santikhiri, est le village chinois du nord de la Thaïlande à visiter. A 1600 mètres, il est entouré de plantations de thé, le fameux « oolong tea », à perte de vue et dégage une atmosphère très particulière. Datant de 1961, le village fut initialement peuplé par des réfugiés chinois de l’armée du Kuomintang chassée par les communistes de Mao. C’est d’ailleurs dans ce village que se trouve le mémorial érigé en l’honneur de ses combattants.

Notre hôte chinoise insiste pour qu’on goûte toutes les sortes de thé

Le temple de Doi Mae Salong

 

Le mémorial en hommage aux soldats chinois du Kuomintang

Ces dernières années, des « resorts » accueillants ont fleuri ici et là. On peut s’y ressourcer en altitude et en pleine nature sans risquer comme naguère d’être réveillé en sursaut et en pleine nuit par des soldats thaïlandais armés jusqu’aux dents, traquant les Khun Sa et autres seigneurs de l’opium.

Aujourd’hui, les habitants du « Triangle d’Or » sont de paisibles citoyens

Khun Didi


Responses

  1. Bonjour Didier,

    toujours aussi sobrement écrit… Excellent article et une sérieuse envie d’aller visiter ce coin peu fréquenté… ne serait ce que pour l’air frais qu’on doit y trouver… JL

    • Bonjour Jean-Luc,

      Merci pour le commentaire! Effectivement, l’air y est frais et agréable. Il faut juste éviter la période des brûlis de culture et ses fumées polluantes, particulièrement si vous faites escale dans la région de Chiang Mai-Chiang Rai. Dans les pires moments, on ne voit pas à plus de 200 mètres à Chiang Mai et la fumée âcre prend à la gorge. Franchement désagréable, pour en avoir fait l’expérience il y a 2 semaines! J’écrirai bientôt un billet sur le sujet.


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