Publié par : Khun Didi | 20 avril 2011

Des marchés hauts en couleurs et en odeurs

Pour bien s’imprégner de la Thaïlande, rien de tel qu’un petit tour au marché. Mais pas n’importe lequel ! Les célèbres marchés de Pat Pong à Bangkok ou le Night Bazaar à Chiang Maï sont malheureusement devenus, au fil des ans, des endroits uniquement destinés aux touristes où abondent polos à quelques euros et autres contrefaçons. L’immense marché Chatuchak à Bangkok reste encore intéressant, ne serait-ce que par sa taille. On dit que c’est l’un des plus grands marchés au monde. Plusieurs jours seraient nécessaires pour en faire le tour ! On y trouve tout à condition de ne pas s’y perdre et de ne pas être allergique à la foule.

Il y a bien sûr les marchés flottants et aussi l’étonnant marché de Mae Klong, carrément installé sur une voie ferrée. Elle est libérée dès que le train est en vue et à peine le convoi passé, frôlant les étals de quelques centimètres, la voie est de nouveau encombrée. Unique !

 Mais les plus intéressants, on les trouve dans la Thaïlande profonde. Et les grands marchés alimentaires sont à ne manquer sous aucun prétexte. On aimerait s’y asseoir dans un coin rien que pour observer car c’est un véritable spectacle auquel on est convié. Impossible, toutefois, car chaque mètre carré est occupé et on gênerait.

En pénétrant dans le marché, on a vraiment le sentiment de rejoindre une fourmilière. Les ruelles qui le desservent sont encombrées de livreurs en moto, à vélo, à pied, transportant, tirant ou poussant dans tous les sens des attelages d’une diversité et d’une créativité proprement déconcertantes. Un trafic dans lequel les chalands doivent se frayer un chemin tout en évitant les rigoles ruissellantes d’eau et de détritus divers.

 

 Les échoppes sont très rudimentaires de même que les « toits » qui les abritent, faits de bric et de broc, de plastiques ou de tôles ondulées, de toiles ou de cartons. Etonnamment, ce qui nous apparaît comme un grand capharnaüm bariolé fonctionne, et plutôt bien ! Les règles existent mais elles nous échappent tant nous sommes absorbés par la profusion de marchandises et le grouillement des acteurs.

Actrices, devrais-je dire car ces marchés sont des univers essentiellement féminins. S’affairant autour d’immenses tas de pastèques et d’ananas, apprêtant curries et sauces dans ces petits sacs en plastic omniprésents en Thaïlande ou assises au milieu des morceaux de viande pour mieux en chasser les mouches, les femmes s’interpellent d’un stand à l’autre dans une joie et une bonne humeur communicatives.

 

 A la vue des montagnes d’œufs et des tas de viande exposés à l’air libre une partie de la journée, protégés tant bien que mal du soleil, on s’interroge sur la chaîne du froid. La réponse est simple, il n’y a pas de chaîne ! Les thaïlandais ne mangent pas de viande rouge et tout est bien cuit ou grillé avant d’être mangé. On est loin de notre monde aseptisé !

 Déroutant pour le profane, le marché requiert un certain temps d’adaptation. Puis, petit à petit, on l’apprivoise. La curiosité et l’intérêt l’emportent sur la réserve. Et plus on avance, plus les odeurs se mêlent les unes aux autres d’autant qu’on y cuisine un peu partout. Les fumets des poissons grillés, des curries de porc ou de poulet se mêlent aux parfums de coriandre, de citron vert et de citronnelle ainsi qu’aux saveurs des ananas, des mangues, des fruits de la passion ou des mangoustans (mon fruit préféré !).

Bon, d’accord, il y a aussi des émanations moins exotiques mais l’odeur d’égout que vous sentez n’est pas toujours celle que vous croyez. Il peut s’agir du durian, fruit très populaire en Thaïlande mais dont l’odeur est nauséabonde au point qu’il est interdit dans certains endroits publics. Fort heureusement, son goût est moins mauvais!

 A ce moment, le farang (étranger de race blanche) que je suis, enhardi, tente de goûter aux spécialités locales qu’on lui propose, et particulièrement les vers et insectes crus ou grillés, paraît-il bourrés de protéines. Pour l’instant, je me suis limité aux grillés. A l’apéritif, c’est une alternative intéressante et originale à nos sempiternelles cacahuètes et autres pistaches!

 Khun Didi

Publicités

Responses

  1. Les marchés… j’adore; mais je vous en prie évitez SUDALUCK…


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :