Publié par : Khun Didi | 4 novembre 2011

« Que d’eau, que d’eau! » aurait dit Mac Mahon

En 1875, les dramatiques crues de la Garonne avaient fait plusieurs centaines de victimes. « Que d’eau, que d’eau! », avait déclaré sur place Mac Mahon, alors président de la république. Sa réaction ayant été jugée un peu courte eu égard à l’ampleur de la catastrophe, il s’était fait copieusement brocarder par les journalistes. 137 ans plus tard, me rendant de Bangkok à Chiang Maï et survolant les zônes inondées, je me suis remémoré et j’ ai compris la désormais célèbre phrase de Mac Mahon. On ne peut que rester confondu et sans voix face à une telle monstruosité. De l’eau à perte de vue ayant tout englouti et submergé sur son passage.

Photo www.theatlantic.com

Contrairement à la violence dévastatrice d’un incendie ou au déferlement spectaculaire d’un tsunami, les inondations arrivent lentement mais sûrement. Inexorablement, elles prennent possession du territoire. L’eau s’infiltre partout de façon insidieuse et, en l’occurence, s’installe durablement. Sur plus de 100 kilomètres, on a survolé une sorte d’immense lac. Vu de haut, on est pris par un sentiment de calme étrange comme si tout s’était figé au sol. Plus une voiture ne circule. On devine à peine  les routes. Parfois, elles disparaissent carrément sous l’eau. Le soleil de l’aube se reflète sur les toitures encore émergées, ponctuées ici et là des pointes dorées des temples. Les alignements de poteaux électriques prennent un aspect incongru à la surface de l’eau. Et tous ces habitants prisonniers de cet immense piège, pataugeant dans des eaux boueuses qui charrient toutes sortes d’immondices. On ne les voit pas mais on les imagine et on pense à eux. Pour certains, cela dure depuis des mois et ils ignorent quand viendra l’heure de la délivrance.

Photo www.theatlantic.com

Je dois dire qu’ils forcent le respect. Placidité, solidarité, créativité sont leurs réponses face à la situation. Les sourires et la bonne humeur ne les ont pas quitté. Quelle leçon pour nous, occidentaux! Aucune panique, pas la moindre bousculade lorsqu’un bateau parvient à les atteindre et à leur distribuer vivres et eau potable. Leurs réactions sont d’autant plus remarquables qu’elles tranchent avec l’incurie dont ont fait preuve les autorités dans la gestion de cette immense crise. Ordres, contre-ordres, atermoiements, désaccords et contradictions sur fond de querelles politiciennes se sont étalés chaque jour dans les médias et n’ont vraiment pas redoré l’image des dirigeants de ce pays. Même la marine américaine a dû repartir au large avec ses 30.000 litres d’eau, victime de messages contradictoires des autorités.

Photo www.theatlantic.com

Autorités qui ont vraiment commencé à s’agiter lorsque l’eau est arrivée aux portes de Bangkok. Le mot d’ordre, protéger l’aéroport international où transitent chaque jour 130.000 voyageurs et le centre avec le Palais Royal, les grands hôtels et le quartier des affaires. Ce qui signifiait maintenir les quartiers périphériques de la ville sous un mètre d’eau pendant des semaines, voire des mois. Inacceptable pour des habitants en plein désarroi qui ne comprenaient pas pourquoi ils devaient être sacrifiés pour épargner le centre. Les écluses des canaux et les remparts de sacs de sable devinrent l’objet de destructions. Pour toute réponse, on envoya l’armée protéger les barrages de fortune. A l’heure où j’écris ces lignes, la situation est toujours tendue et l’issue incertaine. Le bras de fer continue entre « la » premier ministre Yingluck Shinawatra et le gouverneur de la province de Bangkok.

De nombreux rayons dans les supermarchés de Thaïlande sont désespérément vides. Ci-dessus à Chiang Maï le 3 novembre.

A l’étranger, les médias ont « couvert » les inondations lorsque l’eau est arrivée aux abords de Bangkok mais sont passés à autre chose depuis. Des chancelleries ont recommandé à leurs ressortissants d’éviter de se rendre à Bangkok sans chercher à comprendre. Quand on sait que la majorité des touristes ne fait que transiter par l’aéroport pour se rendre dans les destinations touristiques, le mot d’ordre n’est pas vraiment judicieux. Les thaïlandais ont plus que jamais besoin de leurs devises et de leur soutien moral et financier. En espérant que tous ne se comportent pas d’une façon lamentable comme le rapporte notre ami blogueur Philippe dont voici le lien. On ne peut qu’être consterné par ces « touristes » seulement intéressés de savoir s’ils vont pouvoir se rendre à Pattaya assouvir leurs désirs sexuels et remettant même en cause la réalité des inondations. Un tel concentré de bêtise et d’égoïsme est affligeant!

http://www.monasie.com/2011/11/thailande-inondations-pour-aller.html

Khun Didi

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