Publié par : Khun Didi | 25 novembre 2011

Loy Krathong, Yi Peng et un moine sur l’autoroute

Une fois n’est pas coutume, un peu de Thaïlande tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Il s’agit à nouveau d’une histire d’eau mais en plus sympathique cette fois, plus précisément de la fête du « Loy Krathong ». Célébrée lors de la pleine lune du douzième mois du calendrier lunaire qui tombe en général début novembre, elle consiste à faire flotter sur l’eau des « krathongs », petits objets confectionnés à l’origine avec des feuilles de bananier sur lesquels sont disposés fleurs, bougies et offrandes. Rituel destiné à rendre hommage à la déesse des eaux et à la remercier d’avoir alimenté les rivières, c’est devenu au fil du temps l’occasion de faire une immense fête pendant 3 jours. On pourra regretter que la déesse en question ait eu la main un peu lourde et on espère qu’elle ne sera pas aussi généreuse les prochaines années!

 

A Sukhothaï, une vendeuse de krathongs traditionnels

et un candidat au concours du plus beau krathong

Pour l’occasion, nous avions décidé de nous rendre sur le site de Sukhothaï, l’ancienne capitale impériale inscrite au patrimoine de l’humanité où, nous avait-on dit, les festivités sont uniques. Nous n’avons effectivement pas été déçus. La fête a lieu dans le cadre du parc historique parmi les nombreux bassins aquatiques, les temples, les monuments et Bouddhas géants illuminés pour la circonstance. Spectacles hauts en couleurs, musiques, marchands du temple, mise à l’eau des magnifiques « krathongs » et feux d’artifice de classe mondiale. Le tout dans une ambiance bon enfant qui ressemble à un gigantesque pique-nique familial.

 

Après deux jours sur place, nous avions prévus de rentrer à Chiang Maï pour profiter du dernier jour de la fête du « Yi Peng » et assister à la parade dans les rues de la vieille ville. Des dizaines de merveilleux chars rivalisent de décors et de lumières pour mieux mettre en valeur les souriantes jeunes filles toutes en grâce et en délicatesse.  Spécifique au nord de la Thaïlande, « Yi Peng » coïncide et se confond maintenant avec « Loy Krathong ». Une de ses manifestations consiste à faire s’envoler dans le ciel des lanternes préalablement enflammées, selon le principe du ballon à air chaud. Spectacle unique que de voir ces « Khom Loy » embraser par milliers le ciel nocturne pour finalement se confondre avec les étoiles. Cerise sur le gâteau, tous les soucis sont supposés s’envoler avec les lanternes!

  

Au retour, sur l’autoroute qui nous menait de Sukhothaï à Chiang Maï, soudain au loin nous avons aperçu une tache orange. Très vite, nous réalisons qu’il s’agit d’un moine. Sac en bandoulière et parasol assortis à l’orange de sa robe, il marche pieds nus. Mon amie décide alors de s’arrêter sur le bas-côté de l’autoroute. Le moine arrivé à notre hauteur, mon amie lui propose de faire un bout de route avec nous. Il ne se fait pas prier et monte à l’arrière. On apprend qu’il lui reste encore 80 kilomètres. On va lui en faire gagner 60, ce qui ne lui fait ni chaud ni froid. Il est manifestement habitué à marcher.

Photo Worlddiscovery

Pendant le trajet, mon amie et le moine échangent quelques propos auxquels je ne comprends absolument rien, mes connaissances de la langue thaï étant très rudimentaires. Arrivés à Chiang Maï, le moment est arrivé de nous séparer. Et là, une scène tout à fait inhabituelle pour moi se déroule dans la voiture. Toujours assis à l’arrière, le moine a entamé un discours au débit rapide et monocorde. En fait, il nous gratifiait d’une prière. Mon amie et moi nous sommes retournés vers lui, têtes inclinées et mains jointes pour recevoir sa bénédiction. Puis, après plusieurs « waï » de part et d’autre, il nous a quitté et a repris sa marche.

Une fois à nouveau seuls dans la voiture, mon amie me dit sa satisfaction d’avoir réalisé une bonne action. Et elle me l’avoue sans détour, son geste n’était pas du tout désintéressé. Comme lorsqu’elle fait des offrandes au temple. En accumulant les « mérites », elle marque des points dans l’espoir de se purifier et de s’améliorer mais aussi et  surtout d’être réincarnée dans une vie future en tant que meilleure personne et bénéficier d’une existence plus agréable. Bienheureux sont les croyants, me suis-je surpris à penser!

Et c’est ainsi, l’esprit léger et libéré, que nous avons assisté à la parade enchanteresse et avons envoyé dans les airs nos « Khom Loy » en ayant pris soin au préalable de formuler des voeux pour nos proches et pour nous-mêmes!

Khun Didi

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