Publié par : Khun Didi | 6 mars 2012

Le bambou, « génie de la nature » !

On pourrait presque dire que la vie des thaïlandais est rythmée par le bambou. Ca commence dès la naissance. Les bébés sont supposés naître, ni dans les choux ni dans les roses comme chez nous, mais dans les bambous. Dans les campagnes, c’est avec un éclat de bambou qu’on coupait le cordon ombilical. Et lors des funérailles, il alimentait le feu qui servait à la crémation des corps. Aujourd’hui encore, le bambou fait partie intégrante de la vie au quotidien.

Une omniprésence qui n’est pas surprenante lorsqu’on constate l’abondance de ce végétal. Le nom de bambou proviendrait du malais « mambu » qui signifie littéralement « bois indispensable ». Le bambou n’est pas un arbre, c’est une plante vivace de la famille des graminées. Il ne comporte pas de branches mais des feuilles. Plus de 1500 espèces ont été recensées qui vont de moins de 20 centimètres jusqu’à plus de 40 mètres. Ses racines sont envahissantes et sa croissance peut atteindre jusqu’à cinquante centimètres par jour.

Dans la région de Mae Hong Son, des bambous atteignent 40 mètres

Mais plutôt que sa légendaire exubérance, ce sont ses multiples qualités et  l’extraordinaire diversité de ses utilisations qui étonnent le plus. Economique, adaptable, résistant et souple, baptisé « génie de la nature » par les asiatiques, le bambou est un matériau idéal. Il est le végétal qui a le mieux résisté à la bombe d’Hiroshima et aux défoliants utilisés lors de la guerre du Vietnam. Un bémol toutefois, sa floraison entretient un des plus grands mystères du monde végétal. Certaines espèces de bambous ne fleurissent qu’une fois dans leur vie de façon simultanée dans le monde entier et quel que soit leur âge, puis meurent après la floraison. Cet étrange phénomène reste inexpliqué mais rare, fort heureusement.

Tous les moyens sont bons pour transporter le bambou

On ne compte plus les utilisations du bambou : Ponts, maisons, échafaudages, échelles, canalisations, parquets, meubles, papier, palissades, pergolas, assiettes, bols, baguettes, paniers, pirogues, arcs, flèches, sarbacanes, vêtements, instruments de musique, objets de décoration… Ouf ! Et la liste n’est pas exhaustive. Il existe, paraît-il, un livre qui recense plus de 5000 modes d’utilisation. Les pousses de bambou ou turions sont un aliment régulièrement consommé en Asie. Et les fameux pandas du zoo de Chiang Maï se nourrissent exclusivement de bambou. Sans oublier, bien sûr, qu’il est avant tout une plante ornementale qui habille parcs et jardins de façon très esthétique.

De magnifiques objets du nord de la Thaïlande chez Sopmoeiarts.com

Le « Bamboo bar » du prestigieux hôtel Oriental à Bangkok

(Photo Asia-bars.com)

Pour sa résistance et sa légèreté, le bambou est

toujours privilégié pour ériger les échafaudages

Il y a plus d’un siècle, lorsque l’écrivain britannique Joseph Conrad visita Bangkok pour la première fois, il écrivit : « C’est proprement stupéfiant de voir que sur des kilomètres à la ronde toutes ces habitations en bambou n’utilisent que quelques clous. » Aujourd’hui, à Bangkok, ces maisons ont fait place à des gratte-ciel. Même dans les campagnes, la brique et le béton supplantent le bambou. Pour une raison très simple ! Les thaïlandais sont très attachés au statut. Et une maison en dur signifie que ses habitants peuvent se permettre financièrement de ne plus vivre dans une habitation en bambou, aussi belle soit-elle ! Et pourtant, le bambou reste un matériau de choix pour la construction, surtout à ces latitudes. Pour preuve, les farangs en vacances apprécient les bungalows qui ont fleuri dans les destinations balnéaires. Et, franchement, qui n’aimerait pas vivre dans l’incroyable réalisation ci-dessous ?

Une tentative de réplique du Concorde? …

… Non, une habitation dont voici l’intérieur

(Photo Britishfaery.blogspot.com)

Quant à l’expression « coup de bambou », son origine est incertaine. Elle signifierait une insolation et, pour certains, remonterait au 17ème siècle. Pour d’autres, elle viendrait de l’infanterie coloniale, probablement d’Indochine. Aujourd’hui, elle signifie recevoir un coup terrible, plutôt moral que physique, ou encore devoir payer une note excessive, au restaurant par exemple!

Khun Didi

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Responses

  1. Excellent ton article.
    Voilà un farang qui applique l’adage : « prendre la vie par le bambou… » !

    • A mon tour de te dire excellent! « prendre la vie par le bambou », joli jeu de mots! j’aurais du y penser. D’autant que ça correspond bien à l’esprit thaïlandais et au titre du blog « mai pen raï ». Merci pour ta contribution!


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